St-Verny

De Saint-Vincent
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Note: Équivalent de saint Vincent (adulé en Bourgogne) et de saint Vernier (en France-Comté), saint Verny est le patron des vignerons des côtes-d’auvergne. À Beaumont, par exemple, sa statue est en bonne place à l’église et une rue porte son nom. Par ailleurs, son culte a été réactivé, sur un mode un peu profane, certes. On le verra dimanche à Mezel où aura lieu la 3e Saint-Verny tournante.
Verny dérive de Werner, saint patron des vignerons allemands. Sa fête est en principe le 19 avril, comme Werner d' Oberwesel. Mais en Auvergne, Saint Verny comme patron des vignerons était fêté dans beaucoup de villages le dimanche qui suivait le 20 mai.
Outre-Rhin, il y est connu comme Werner de Womrath, ou Werner d'Oberwesel, ou encore Werner de Bacharach.
Il serait né à Womrath (en Rhénanie-Palatinat) en 1282 ou 1283 dans une famille très pieuse. Orphelin à l'âge de 10 ans d'un père vigneron, il quitta la maison maternelle pour fuir un parâtre avare et brutal et offrit ses services à divers patrons de la vallée du Rhin. Son hagiographie veut que, le 19 avril 1297, encore adolescent donc, il soit victime d'un guet-apens ourdi par des juifs qui voulant lui faire abjurer sa foi. En vain. C'est alors que commença un long supplice, martyre qui lui vaudra d'être sanctifié.
Par la suite, de nombreux miracles se produisirent, en particulier sur de jeunes enfants. On les attribua au jeune Werner.
Au XVII e siècle, son culte est introduit en Basse-Auvergne où les vignerons se l'approprient sous le nom de Verny. Voilà pour la filiation.
Une confrérie est créée à Brioude en 1672, puis à Clermont en 1675 (celle-ci subsista au XIX e siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'apogée du vignoble auvergnat). Des confréries étaient établies dans de petites local
Adulation ou punition
Les viticulteurs attendaient de lui la protection de la vigne contre les intempéries, et la qualité de la vendange. Lorsque le saint avait trahi la confiance qu'on lui portait, il était symboliquement puni : à Auzon (Haute-Loire), on tournait sa statue face au mur ; à Corent, on la plongea dans la fontaine du village, parce qu'il avait gelé au pire moment, le jour-même de la Saint-Verny, en principe le 19 avril (comme Werner d'Oberwesel), en pleine période de floraison donc. Certains lui épargnaient de telles représailles, en fêtant saint Verny le dimanche suivant le 20 mai.
En tout cas, le culte a fait florès en Basse-Auvergne, où on compte quelque soixante-dix représentations de saint Verny (*).
À Beaumont, notamment, la statue de saint Verny est en bonne place à l'église, témoignant d'une lointaine tradition vigneronne (qui se lit aussi dans l'habitat du cœur ancien de la commune).
(*) Et encore, toutes ne seraient pas recensées, certaines appartenant à un mobilier privé, quand d'autres pourraient fort bien être oubliées dans certains cuvages.
Les saint-Verny d'Auvergne